Dans quelques mois, l'interdiction de fumer dans les bars du Québec entrera dans sa deuxième année. Pour plusieurs, ce sera le moment d'établir le bilan d'une réforme qui a soulevé les passions.

Il était indéniable que le renforcement de la loi sur l'usage du tabac aurait une incidence à la baisse sur le chiffre d'affaires de la majorité des bars du Québec. Tous le savaient avant même l'entrée en vigueur de la loi le 31 mai 2006. Aucun bilan, aussi négatif qu'il soit financièrement, ne forcera le gouvernement du Québec à apporter des modifications à la loi actuelle. La société québécoise a majoritairement emboîté le pas à un environnement sans fumée comme plusieurs états américains et la plupart des autres provinces canadiennes l’ont fait avant nous. C'est une ten­dan­ce mondiale et qu'on soit d'accord ou non, rien ne pourra y changer quoi que ce soit.

 


Comme l'a mentionnée l'honorable juge Hélène Lebel dans son jugement, nous citons : « Malheureusement, dans notre société, d'autres entreprises ou industries ont subi ou subiront les conséquences de changements importants dans la réglementation, le marché ou la concurrence. Pour les personnes affectées, il est clair qu'une fermeture d'entreprise ou une perte d'emploi a généralement des conséquences dramatiques, tragiques même. ».

La majorité des tenanciers ont bien évalué la situation et ont fait preuve d'un grand jugement en respectant la loi. Ce qui ne veut pas néces­sairement dire qu'ils étaient d'accord avec l'inter­diction de l'usage du tabac dans les bars, ils ont plutôt compris qu'une loi adoptée à l'unanimité à l'Assemblée Nationale et appuyée par des sondages qui confirment que plus de 90% de la population appuie cette législation, qu'il ne serait aucunement question pour le gouvernement de reculer.

 

 

 

 

L'industrie de la consommation sur place au Québec n'en est pas à sa première réforme majeure et les tenanciers ont toujours réussi à s'adapter et à faire preuve d'imagination pour conserver leur clientèle.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Prenez comme exemple la loi sur la conduite avec facultés affaiblies. Cette loi a eu un impact majeur sur la consommation d'alcool dans les bars. On peut noter que depuis les 15 dernières années, la clientèle qui fréquente les bars a modifié ses habitudes de consommation d'alcool et nous constations à chaque année une baisse de 1à 2% des ventes d'alcool dans les éta­blissements licenciés. Le gouvernement a renforci régu­lièrement cette loi et malgré tout, on a constaté à la fin des années 90 et au début des années 2000 une augmentation du nombre de permis. L'industrie s'est trouvée d'autres sources de revenus comme le jeu et les repas. La loi n'empêche pas les individus qui fréquentent un bar de fumer mais ceux-ci doivent se rendre maintenant dans un endroit précis (fumoir extérieur) pour s'adonner à leur plaisir. Ces nouvelles règles ont été appliquées dans d'autres endroits comme New York et Toronto. Selon le témoignage de plusieurs tenanciers de ces villes, après une période d'adaptation, tout est revenu à la normale.

Il ne faut surtout pas que la loi sur le tabac nous fasse perdre de vue pourquoi les gens fréquentent nos établissements. Ils viennent pour rencontrer des amis, déguster un bon repas, assister à une prestation d'un musicien, s'adonner à des jeux comme le billard ou les loteries vidéo; bref, il y a de multiples raisons.

Les gens vont toujours avoir le goût de se divertir et c'est à nous, les tenanciers, de leur offrir ce qu'ils veulent. Si vous ne réagissez pas, n'oubliez surtout pas, il y a toujours un compétiteur qui est intéressé à votre clientèle et qui va prendre les moyens pour l'attirer chez-lui.

La loi sur le tabac est là pour rester : Selon les dires du Ministre de la Santé et des Services sociaux, M. Philippe Couillard il faut oublier ces désagréments et utiliser les opportunités qu'elle offre. C'est ceux qui vont s'adapter qui traverseront la période de transition le plus facilement.



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